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Le temps ne se mesure pas en heures, la vie se mesure en émotions


Le temps ne se mesure pas en heures, la vie se mesure en émotions

On répète que « le temps passe vite », qu’il faut « profiter », qu’on manque d’heures dans une journée. Mais quand on regarde en arrière, ce ne sont pas les heures qui restent. Ce sont des émotions : un fou rire, une rupture, une nuit à parler jusqu’à l’aube, une rencontre imprévue.

La phrase « Le temps ne se mesure pas en heures, la vie se mesure en émotions » n’est pas qu’une jolie citation Instagram. Elle rejoint ce que montrent la psychologie, les neurosciences et les expériences de vie : nous ne vivons pas vraiment notre vie en minutes, mais en intensité émotionnelle.


Pourquoi nous ne retenons pas les heures mais les moments forts

Quand on repense à une année, on ne déroule pas un agenda. On se souvient de quelques moments-pics : un voyage, une dispute, un succès, un deuil, un baiser, un paysage.

Les travaux du psychologue Daniel Kahneman sur la « peak-end rule » (règle du pic-fin) montrent que nous jugeons une expérience surtout en fonction :

  • de son moment le plus intense émotionnellement (le « pic ») ;

  • de sa fin ;

… beaucoup plus que de sa durée réelle.

Concrètement :

  • des vacances courtes mais remplies de moments forts sont souvent mieux évaluées qu’un long séjour tiède ;

  • une relation courte mais très intense émotionnellement peut nous marquer plus qu’une longue relation tiède et routinière ;

  • une journée banale peut devenir « magnifique » si elle se termine sur une rencontre, un fou rire ou une bonne nouvelle.

Nous ne comptons donc pas vraiment les heures : nous enregistrons des instantanés émotionnels qui servent de repères à notre mémoire.

La vie se mesure en émotions : ce que dit la psychologie positive

La psychologie positive s’intéresse à ce qui fait une vie « qui vaut la peine d’être vécue », au-delà des heures de travail, du salaire ou du statut.

Le modèle PERMA de Martin Seligman décrit cinq piliers du bien-être :

  • P – Positive Emotions (émotions positives)

  • E – Engagement (état de flow, immersion)

  • R – Relationships (qualité des relations)

  • M – Meaning (sens)

  • A – Accomplishment (accomplissement)

Les émotions positives ne sont donc pas un « plus » décoratif : elles sont au cœur de la façon dont nous évaluons notre vie. Ce ne sont pas seulement les grands moments spectaculaires, mais aussi :

  • la joie ;

  • la gratitude ;

  • la sérénité ;

  • la fierté ;

  • la tendresse ;

  • le sentiment de connexion avec les autres.

Les grandes enquêtes montrent que ce sont ces états affectifs répétés qui prédisent le mieux :

  • la satisfaction de vie ;

  • la résilience face aux difficultés ;

  • la santé mentale et physique.

En clair : la qualité émotionnelle de notre temps compte plus que la quantité d’heures remplies.

Pas seulement des « bonnes vibes » : l’importance de toutes les émotions

Les tendances actuelles le montrent : beaucoup de personnes rejettent l’injonction à être heureux en permanence. On parle de « positive attitude toxique » ou de « bonheur obligatoire ».

Les recherches récentes confirment que ce n’est pas l’absence d’émotions négatives qui rend la vie la plus riche, mais la diversité émotionnelle : on parle d’emodiversity.

Une vie qui « se mesure en émotions », ce n’est donc pas une vie pleine de sourires forcés. C’est une vie où l’on traverse :

  • de la joie et de l’enthousiasme ;

  • mais aussi de la tristesse, de la peur, de la colère, de la nostalgie ;

  • et où ces émotions sont comprises, intégrées, reliées à une histoire.

Une existence vraiment pleine n’est pas une ligne droite, mais une courbe faite de pics, de creux, de virages. Ce sont ces variations qui donnent un relief à nos souvenirs.

Ce que disent les gens de ce qui « vaut » dans une vie

Dans les témoignages, blogs, vidéos, discussions anonymes, on retrouve souvent les mêmes constats :

  • Les moments les plus précieux sont souvent simples :un café avec quelqu’un qu’on aime, un fou rire improbable, un coucher de soleil, un geste de gentillesse inattendu.

  • Les grands tournants sont liés à un choc émotionnel :une rupture, un licenciement, un diagnostic, un déménagement, une rencontre.

  • Les regrets portent rarement sur le nombre d’heures passées au bureau, mais sur des émotions non vécues :ne pas avoir osé aimer, ne pas avoir dit ce qu’on ressentait, ne pas avoir passé assez de temps avec certaines personnes, ne pas avoir tenté un projet important.

Ce que beaucoup appellent une « belle vie » n’est pas une vie sans difficulté, mais une vie :

  • intense ;

  • cohérente avec ses valeurs ;

  • habitée par des moments où l’on s’est senti vraiment en vie.

Comment vivre sa vie « en émotions » plutôt qu’« en heures » ?

Dire que la vie se mesure en émotions ne veut pas dire tout plaquer. Cela invite à changer le critère avec lequel on évalue ses journées.

1. Créer volontairement des « moments-pics »

Au lieu de remplir son agenda, on peut se demander :

« Quel moment fort j’ai envie de vivre aujourd’hui / cette semaine ? »

Par exemple :

  • un vrai moment de jeu ou d’écoute avec ses enfants ;

  • un rendez-vous en tête-à-tête avec son/sa partenaire, sans téléphone ;

  • une expérience nouvelle (atelier, nouvelle activité, voyage, rencontre) ;

  • un moment juste pour soi (balade, création, écriture, musique).

Les études sur la règle du pic-fin montrent qu’un petit nombre de moments forts suffit souvent à colorer très positivement le souvenir d’une période.

2. Soigner la fin de ses journées et de ses étapes

Puisque nous nous souvenons surtout du pic et de la fin :

  • terminer sa journée par un rituel agréable (lecture, douche chaude, journaling, musique) ;

  • conclure un projet, même petit, par un geste : se féliciter, marquer le coup ;

  • mettre fin à une relation ou à une étape de vie avec conscience, plutôt que par glissement ou fuite.

Soigner les fins, c’est influencer la façon dont notre mémoire va étiqueter la période : « éprouvante mais importante », « belle », « pleine de sens ».

3. Cultiver sa « biodiversité » émotionnelle

Plutôt que se juger chaque fois qu’une émotion difficile surgit, on peut :

  • l’accueillir comme une information (« de quoi cette émotion me parle-t-elle ? ») ;

  • apprendre à la nommer (tristesse, frustration, nostalgie, peur, culpabilité…) ;

  • en parler à quelqu’un de confiance, ou l’écrire ;

  • demander de l’aide si l’on se sent dépassé (thérapie, groupe de parole…).

Une vie qui se mesure en émotions est une vie où l’on ne se fuit pas soi-même, où l’on accepte d’être parfois bousculé, mais où l’on reste présent à ce qu’on vit.

FAQ – Le temps et les émotions

Pourquoi dit-on que « la vie se mesure en émotions » ?

Parce que ce sont les moments émotionnellement intenses qui structurent notre mémoire et notre sentiment d’avoir « vraiment vécu ». Les heures s’enchaînent, mais ce que nous retenons, ce sont les instants où nous avons ressenti quelque chose de fort ou de vrai.

Est-ce que cela veut dire qu’il faut être heureux tout le temps ?

Non. Vivre « en émotions », ce n’est pas être dans la joie permanente. C’est accepter et accueillir toute la palette émotionnelle : joie, tristesse, peur, colère, surprises, gratitude… Une vie pleine n’est pas toujours agréable, mais elle est vivante.

Comment faire quand mon quotidien est très routinier ?

On peut commencer petit :

  • introduire un moment spécial par jour ou par semaine (un appel à quelqu’un qu’on aime, une pause au soleil, un temps créatif) ;

  • se reconnecter à ce qu’on ressent, même dans la routine (fatigue, satisfaction, ennui, curiosité) ;

  • repérer ce qui, dans la journée, a été le plus émotionnellement vivant, même si c’est discret.

Pourquoi j’ai l’impression de ne pas « vivre vraiment » alors que mes journées sont pleines ?

Parce que des journées pleines ne sont pas forcément des journées émotionnellement nourrissantes. On peut enchaîner les tâches sans jamais être vraiment présent à ce qu’on ressent, ni aux personnes qui comptent. Revenir aux émotions, c’est se demander : « Qu’est-ce qui m’a touché aujourd’hui ? »


 
 
 

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